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Kyle est le titre d'une série noire, à travers le parcours de ce personnage vous découvrirez une histoire purement imaginaire, qui vous entrainera dans les bas fonds du monde gay, ou tous les coups sont permis, et les états d'âmes bannis...
Une occassion de réfléchir ou de se manifester pour ceux qui en auront envie...
Je roule trop vite, mais l'air froid qui glisse contre mon visage me fait du bien, certainement me fait-il comprendre que je suis toujours en vie.
Je ne peux m'empêcher de pousser de longs soupirs, me faufilant entre les voitures avec mon scooter cabossé, menaçant à chaque seconde de perdre un des ses éléments. Il faudrait être fou de toute façon pour rouler
avec un scooter flambant neuf dans Marseille, au bout de quelques jours, il n'en aurait pas resté grand chose...
Le problème n'est pas là, je n'ai pas le fric pour me le payer et puis c'est tout.
J'ai 23 ans, je vis toujours chez ma mère, et je suis en école de journalisme.
J'oubliais ? Mon prénom ? Kyle, oui Kyle...
A ma naissance, ma mère qui s'est retrouvé seule avec un marmot qui ne faisait que brailler à du péter les plombs, et sous cachets, m'a gentiment appelé Norbert.
Comment voulez vous que je trace mon chemin avec un nom qui me rappelle un nom de chien... j'ai décidé de ne pas le porter même si je le mérite certainement.
Je ne suis pas issu d'une famille aisée, bien au contraire, ma mère travaille dans un restaurant miteux de la Rue Curiol, ou sa principale clientèle sont de pauvres prostituées androgynes, mi-connes, mi-hommes...
Je suis en perpétuel conflit avec elle, je pense que depuis quelques années nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes, comment le pourrais-je, quand elle me raconte qu'elle s'épanouie dans son travail et qu'il lui plait.
La vérité, c'est que son patron, qui trempe dans des affaires plus que douteuses, la saute dans la cuisine quand elle à besoin d'une petite rallonge pour finir le mois...
Quand je dis que je ne suis pas issu d'une famille aisée, je devrais plutôt dire que je ne suis issu d'aucune famille... Peut être est-ce mieux comme ça...
J'ai une chambre au dernier étage de l'appartement ou je vis avec ma mère, l'endroit ou je peux rester des jours entiers enfermé sans voir le temps qui passe. Même si je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, je soigne plus que tout mon look, vu les études que je mène, je n'ai pas le droit d'arriver comme une merde, assis entre mon camarade de classe, Hubert dont le père est rédacteur chez France 3, et entre Philippe fils du directeur du centre des impots.
Fils de pute oui. Dans cette classe, les phrases se terminent toujours la bouche en cul de poule, tandis que je pense aux culs de mes prochaines virées nocturnes...
Mes cheveux sont destructurés, tantôt blonds tantôt bruns... face à toutes "ces raies au milieu" il faut dire que je ne passe pas inapercu.
Ma réputation à la fac n'est plus à faire, on me l'a faite parce que je provoque et que je suis différent, je ne porte pas la cravate ni le costume, et souvent on me regarde arriver le regard en coin, insistants ou envieux... Je m'en contre fou, à vrai dire c'est le but recherché et ça me fait limite bander.
Pour me payer de quoi faire parler de moi et financer mes fringues hors de prix, je bosse dans une boite de nuit les week-end proche du restaurant de ma mère. C'est une des plus grosses boite gay de Marseille, ou beaucoup de monde passe. La démarche est simple, être souriant avec la clientèle et ne pas hésiter à mettre en valeur sa plastique. Quand au boss, il suffit de lui faire croire que c'est le job de ma vie, et que pour rien au monde j'oserais le lacher.. Pauvre con, quarante ans, "plein aux as" certes, mais aussi ringard que sa dernière paire de pompes ... Il ne se rend même pas compte que toute la petite troupe qui s'agglutine autour de lui chaque soir est une bande de mouches à merde prêtes à bouffer son cadavre dès qu'il ne respirera plus.
C'est comme ça que ça marche ici, on se côtoie tous de près ou de loin, on à l'impression de faire partie de la grande famille... j'oserais plutôt dire que c'est une sacrée famille de tatas... Mais je suis bien obligé de jouer le jeu. Les consommations au bar ne se vendent plus comme avant, on à beau porter une paire de Dolce et Gabbana en guise de serre tête, aucun d'entre vous n'a plus de fric en poche qu'une pute à de clients sexy.
Alors il me faut jouer de mille artifices, tantôt vilain garçon prêt à vous mettre une bonne fessée avant de vous retourner contre la porte des chiottes, tantôt gentille salope, prête à ouvrir tout ce que je peux pour vous faire plaisir, maître ! Il faut s'adapter à la clientèle, tel un commercial tout terrain, prêt à vendre sa panoplie de casseroles, coûte que coûte...
Je méprise tous ces gens, parfois je rêve que je fais sauter cette boite de sardines dans un tonnerre de feu et de sang, mais je ne suis ni dans un film ni au journal télévisé, alors je reviens à la réalité. Trouble réalité.
Sur le vif