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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 17:32

Kyle est le titre d'une série noire, à travers le parcours de ce personnage vous découvrirez une histoire purement imaginaire, qui vous entrainera dans les bas fonds du monde gay, ou tous les coups sont permis, et les états d'âmes bannis...
Une occassion de réfléchir ou de se manifester pour ceux qui en auront envie...




Je roule trop vite, mais l'air froid qui glisse contre mon visage me fait du bien, certainement me fait-il comprendre que je suis toujours en vie.
Je ne peux m'empêcher de pousser de longs soupirs, me faufilant entre les voitures avec mon scooter cabossé, menaçant à chaque seconde de perdre un des ses éléments. Il faudrait être fou de toute façon pour rouler avec un scooter flambant neuf dans Marseille, au bout de quelques jours, il n'en aurait pas resté grand chose...
Le problème n'est pas là, je n'ai pas le fric pour me le payer et puis c'est tout.
J'ai 23 ans, je vis toujours chez ma mère, et je suis en école de journalisme.
J'oubliais ? Mon prénom ? Kyle, oui Kyle...
A ma naissance, ma mère qui s'est retrouvé seule avec un marmot qui ne faisait que brailler à du péter les plombs, et sous cachets, m'a gentiment appelé Norbert.
Comment voulez vous que je trace mon chemin avec un nom qui me rappelle un nom de chien... j'ai décidé de ne pas le porter même si je le mérite certainement.
Je ne suis pas issu d'une famille aisée, bien au contraire, ma mère travaille dans un restaurant miteux de la Rue Curiol, ou sa principale clientèle sont de pauvres prostituées androgynes, mi-connes, mi-hommes...
Je suis en perpétuel conflit avec elle, je pense que depuis quelques années nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes, comment le pourrais-je, quand elle me raconte qu'elle s'épanouie dans son travail et qu'il lui plait.
La vérité, c'est que son patron, qui trempe dans des affaires plus que douteuses, la saute dans la cuisine quand elle à besoin d'une petite rallonge pour finir le mois...
Quand je dis que je ne suis pas issu d'une famille aisée, je devrais plutôt dire que je ne suis issu d'aucune famille... Peut être est-ce mieux comme ça...

J'ai une chambre au dernier étage de l'appartement ou je vis avec ma mère, l'endroit ou je peux rester des jours entiers enfermé sans voir le temps qui passe. Même si je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, je soigne plus que tout mon look, vu les études que je mène, je n'ai pas le droit d'arriver comme une merde, assis entre mon camarade de classe, Hubert dont le père est rédacteur chez France 3, et entre Philippe fils du directeur du centre des impots.
Fils de pute oui. Dans cette classe, les phrases se terminent toujours la bouche en cul de poule, tandis que je pense aux culs de mes prochaines virées nocturnes...
Mes cheveux sont destructurés, tantôt blonds tantôt bruns... face à toutes "ces raies au milieu" il faut dire que je ne passe pas inapercu.
Ma réputation à la fac n'est plus à faire, on me l'a faite parce que je provoque et que je suis différent, je ne porte pas la cravate ni le costume, et souvent on me regarde arriver le regard en coin, insistants ou envieux... Je m'en contre fou, à vrai dire c'est le but recherché et ça me fait limite bander.

Pour me payer de quoi faire parler de moi et financer mes fringues hors de prix, je bosse dans une boite de nuit les week-end proche du restaurant de ma mère. C'est une des plus grosses boite gay de Marseille, ou beaucoup de monde passe. La démarche est simple, être souriant avec la clientèle et ne pas hésiter à mettre en valeur sa plastique. Quand au boss, il suffit de lui faire croire que c'est le job de ma vie, et que pour rien au monde j'oserais le lacher.. Pauvre con, quarante ans, "plein aux as" certes, mais aussi ringard que sa dernière paire de pompes ... Il ne se rend même pas compte que toute la petite troupe qui s'agglutine autour de lui chaque soir est une bande de mouches à merde prêtes à bouffer son cadavre dès qu'il ne respirera plus.
C'est comme ça que ça marche ici, on se côtoie tous de près ou de loin, on à l'impression de faire partie de la grande famille... j'oserais plutôt dire que c'est une sacrée famille de tatas... Mais je suis bien obligé de jouer le jeu. Les consommations au bar ne se vendent plus comme avant, on à beau porter une paire de Dolce et Gabbana en guise de serre tête, aucun d'entre vous n'a plus de fric en poche qu'une pute à de clients sexy.
Alors il me faut jouer de mille artifices, tantôt vilain garçon prêt à vous mettre une bonne fessée avant de vous retourner contre la porte des chiottes, tantôt gentille salope, prête à ouvrir tout ce que je peux pour vous faire plaisir, maître ! Il faut s'adapter à la clientèle, tel un commercial tout terrain, prêt à vendre sa panoplie de casseroles, coûte que coûte...
Je méprise tous ces gens, parfois je rêve que je fais sauter cette boite de sardines dans un tonnerre de feu et de sang, mais je ne suis ni dans un film ni au journal télévisé, alors je reviens à la réalité. Trouble réalité.

 


Parmis la foule sur la piste de danse et tandis que quelques rails se dessinent discrètement au détour d'une table... des corps à demi morts se désarticulent sur les podiums, t-shirt à strass et chorégraphies vous incitent à venir faire l'amour sans retenue... La fashion-victim est déjà "has-been", ce qu'il faut maintenant pour être vu c'est du "Sex-addict", peut importe si un doigt se perd dans votre bouche pendant que vous mimez une sodomie profonde avec votre meilleur ami contre la cabine du Dj, ce qui compte c'est d'attirer de nouveaux participants pour le casting de votre nuit...
Au détour du bar, l'ambiance semble plus class, de beaux garçons en chemises entrouvertes accoudés au comptoir vous lancent des sourires électriques... de grands et beaux "seigneurs" qui ne vous approcherons pas et se contenteront de vous percez du regard chaudement...
Pendant que vous serez pris dans une fusillade de regards insistants au bar, titubant entre les corps imposants pour aller chercher une dernière Bière, avant une prochaine "dernière des dernières" d'autres, déjà dans un plus sale état que vous, se seront perdus au fin fond d'un couloir obscur, le regard vide. Dévetus et à quattres pattes, ils rencontreront les "seigneurs" que vous avez croisé au bar... et qui cette fois ci, ne se contenteront pas de les percer du regard. Ils ne prendront pas la peine d'utiliser une capote pour baiser une sale chienne ivre. Dans le noir, faire bonne impression est inutile.

La musique s'enchaîne toujours plus forte couvrant le peu de discussion que vous essayer d'aborder autour d'un verre, avec, ce garçon que vous ne connaissez pas, et qu'au final vous ne connaîtrez pas plus que ça... Les pulsasions de votre coeur augmenteront petit à petit sur le rythme sacadé du DJ à moitié camé...

Certain glissent au sous sol, sur vos derniers orgasmes inconscients. L'odeur acre de cet amour à la chaîne à donné la nausée à plus d'un, et l'on retrouvera les plus cinglés d'entre vous y pataugeant encore dedand, s'endormant sur les cris des derniers aventuriers en quête d'extrême...
Il est temps pour moi d'enchainer quelques pas sur la piste de danse, le débardeur retroussé derrière le cou, et de sentir toutes vos petites mains moites venir se poser sur moi... Un mélange ou l'alcool trop puissant m'assourdit... ma langue s'acharne contre les votres et m'emmène sur les chemins glissants du plaisir...

L'odeur de la luxure monte d'un cran, le grand marché va bientôt fermer ses portes.
Vous vivrez le lendemain comme un levé sans soleil... parce que vous n'aurez pas gagné grand chose... seulement quelques bleus au coeur, ou ailleurs...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Publié dans : MADAME P/ KYLE
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Commentaires

Très bel écrit....une vision de la vie de la nuit que quiconque a vécu saura reconnaitre, sans aucun blem !
Commentaire n°1 posté par lance le 29/12/2006 à 20h03
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