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Il y a deux jours, je devais le revoir. Mon premier amour, celui que j'ai aimé trop fort, trop tôt, il y a maintenant 10 ans. Quand il m'a dit qu'il arrivait à
Marseille par mail je ne pouvais le croire ! Il m'annonçait qu'il y était pour une formation professionnelle et qu'il souhaitait me voir. J'acceptais sans penser que cela allait devenir réel.
C'était tout simplement impossible pour moi. Dans l'après midi, je recevais un petit texto de sa part alors que j'étais au boulot. "Je croyais qu'il faisait toujours beau à
Marseille". Mon cœur s'emballe. Il est à Marseille, il vient de poser le pied à la gare, il est à quelques mètres de moi. Le ciel est gris, il ne fait que pleuvoir. Comme ce jour, il y a
10 ans ou j'ai posé mes pieds en gare de Lyon. Un sentiment étrange s'empare de moi. Celui de ne pas avoir vu le temps qui est passé et que tant de choses ont changées. Il
est en train de se produire quelque chose d'unique dans ma vie. Je réponds fébrilement s’il veut toujours que l'on se voit en soirée. Je me dis qu'il aura certainement un imprévu, que ça ne se
fera pas. Quelques minutes plus tard le téléphone sonne. Le son de sa voix propage un frisson électrique le long de ma colonne vertébrale. Je me rappelle. De ses mots au creux de mon oreille. De
son souffle. De sa bouche. J'ai envie de me mettre à pleurer. Je me reprends. Il parle toujours aussi vite, j'ai toujours autant envie de l'écouter. Le rendez-vous est pris en bas de chez moi
pour 20h30. A la sortie du travail je fonce à la maison me changer, pas le temps de penser. J'essai de me booster, "10 ans ont passés, il a vieillit, à l'époque tu étais jeune, tu avais
trop idéalisé la chose, tu ne savais pas ce que c'était d'aimer vraiment"
J'envois un texto en catastrophe à Sabri en lui disant : "Tu avais raison, je suis grave en stress !". Le téléphone sonne à nouveau, il est en bas de chez moi. Faire marche arrière n'est plus
possible. Je descends en vitesse, sa voiture est garée sur le bas coté, je ne l'aperçois pas à travers la vitre. Mon cœur va exploser. Ce moment est irréel. Quand j'ouvre la porte et m'assois à
côté de lui je sais que je vais vivre un moment émotionnel sans précédent. J'ai envie de me jeter dans ses bras et de lui dire combien je suis heureux et ému. Il n'a pas pris une ride, si ce
n'est qu'il est encore plus beau. Ses yeux bleus sont toujours autant expressifs, sa mâchoire imposante, et sa bouche semble être encore si douce... Il porte un jean et un pull bleu ciel. Ses
épaules sont musclées, ses cuisses galbées. Je lutte de toutes mes forces pendant le trajet pour me concentrer sur la conversation avec le sentiment fou que le temps s'est arrêté depuis dix
ans.
Arrivé au restaurant, je croise un ex, qui matte de haut en bas mon beau S. Je suis fier. Fier d'être avec lui. Pendant tout le repas mon ex me lancera des regards envieux. Je ris à chaque
phrase et attrape son bras. J'avais oublié comme c'était bon d'être aussi heureux.
S me propose d'aller faire un tour en ville. Il veut que je lui fasse une courte visite de Marseille. Je l'emmène en haut de Notre Dame de La Garde. Tous les deux assis dans la voiture nous
surplombons la ville illuminée. L'émotion me gagne. J'ai l'impression de jeter un regard sur les 10 années que je viens de passer à Marseille depuis qu'on s'est quitté. Mon
premier appartement est juste à côté, celui ou tant de fois j'ai regardé la mer en pleine nuit en pensant à lui, comme ce soir là... Puis direction les plages, le Vieux Port, le Panier, la
Canebière. Mon cœur ne s'arrête plus de battre dès qu'il tourne la tête vers moi. Les expressions de son visage me font littéralement fondre comme autrefois. Sa voiture finit par s'arrêter en bas
de chez moi. J'ai l'impression d'être à un premier rendez-vous qui se termine, et qui vous a mis des papillons dans le ventre. Je n'ai pas envie de le quitter. Je lui propose de venir boire un
verre. Je lui fais découvrir le lieu ou j'habite. C'est important pour moi. De lui montrer ce que j'ai construis sans lui. Pas un instant nous ne parlons de nos vies privées. Juste du bon vieux
temps, celui ou je faisais lamentablement du roller à ses côtés dans Paris, celui de nos virées en moto, de mon accent, de nos fou rires. Bien de fois j'ai du contrôler mes larmes, car je n'avais
qu'une envie : lui dire combien il m'avait manqué. Assis à mes côtés, il est resté bien sage et n'a rien tenté. Je n'aurais pas refusé une nuit blotti entre ses bras, moi qui me sens si seul en
ce moment. Il a finalement pris congés en me disant combien il avait été heureux de me revoir, et qu'il reviendrait peut être un jour à Marseille...
Je l'ai regardé partir avec le cœur serré, prêt à exploser en larmes. En lui disant au revoir je me suis retenu de toutes mes forces pour ne pas blottir ma tête contre lui. 10 ans avaient passé,
ce n'était pas un amour de jeunesse, ni un amour que j'avais idéalisé avec le temps... je sais aujourd'hui que c'est lui... que j'ai tant aimé... si fort, qu'aujourd'hui encore... il reste
beaucoup d'amour, et une passion inépuisable. J'avais encore tant de chose à lui dire, à lui montrer, à lui prouver. Comme lors de notre séparation il y a dix ans, je reste sur un sentiment
d'inachevé, quelque chose de tellement fort, que dans quelques temps, j'aurais de nouveau l'impression de ne l'assimiler qu'à un rêve.
Quand la porte à claquée derrière ses pas, mon cœur s'est arrêté.
Bisous Dadou !
bisous david
P.S.: Ce n'était qu'une réflexion.
Et bien, quel récit émouvant. Cela me rappelerai presque quelques souvenirs, même si ça ne fait pas 10 ans pour ma part.
Pour ma part je préfère le bon comportement au coup d'un soir si j'ai la certitude que ça ne serai qu'un soir :-)
Biz!
bisous
Il y a des histoires du passé, qui doivent rester ... au passé.
Comment avancer sinon ?