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Je devrais0 arrêter de faire ce foutu crochet vers le tabac de la place Sébastopol pour aller acheter mes cigarettes. Non seulement parce que je fume de moins en moins, mais surtout que les deux
dernières fois ou j’y ai pointé mon nez, j’ai croisé des personnes que je n’avais pas du tout envie de voir. La dernière fois alors que je patiente dans la file
d’attente entre deux poivrots accoudés à leurs bières et parlant seul, une voiture se gare sur le trottoir. Je crois apercevoir avec effroi d’anciens amis. Quand les portes s’ouvrent, se sont bien eux qui se dirigent vers le tabac. Je souffle un grand coup pour essayer
de masquer mon énervement face à leur grand sourire niais. En effet ce n’est pas moi qui devrait me sentir bête, mais plutôt eux :
Simone et Peter. (Bon ils ne s’appellent pas comme ça dans la vraie vie hein !). J’ai rencontré Simone il y a trois ans au
travail. Elle a eu un CDI très rapidement et forcément s’est mise à dos beaucoup de monde. Il faut dire qu’elle avait un petit côté cruche, mais pas méchante. Mon côté Sainte-Conne a tout de
suite brisé la glace. De là, en a découlé une amitié, de beaux week-end avec son Peter d’amour… Ce qui me permettait à l’époque de masquer le vide, mon homme ayant quitté la France pour un an.
C’était l’époque ou je me mangeais dans la gueule le fabuleux cliché de l’amour sans éclairs, des projets de mariage, d’achat de terrain et de construction de villa… de chiens qui courraient dans
le jardin… et de bébé… Sans que je m’en rende compte, je crois bien que finalement, tout ça me foutait encore plus le bourdon. Je côtoyais beaucoup
de couples, et les conversations ne parlaient que de tout ce que je viens de vous citer. J’étais même invité à leur mariage, et me pliais en quatre pour leur faire plaisir. J’arrivais dans une
jolie voiture, en costume clair et chic. Non je n’étais pas le marié… Quelque temps plus tard je commençais à déceler que Simone semblait avoir un gros trouble psychologique. Je ne me trompais
pas. Pour la première fois de ma vie, je comprenais que j’avais face à moi une vraie mythomane. Nombreux de ses mensonges m’ont mis en port- à-faux avec des amis communs. Si je n’avais pas eu la
décence d’esprit de m’expliquer avec eux, je crois qu’elle aurait réussit à me faire passer pour fou. Moi le pédé, à la vie débauché… dépressif et drogué.
La situation s’est encore plus embrouillée quand l’année dernière j’ai changé de poste. Elle racontait toujours aux mêmes amis que nous avions en commun que je lui menais une vie impossible. Je sentais son mari prendre de la distance, et comprenait bien pourquoi… puisque j’avais une taupe dans le groupe qui me racontait, et qui savait.. . Et puis bien vite j’ai coupé les ponts. Je ne pouvais supporter ces mensonges. Simone à quitté l’entreprise peu de temps après.
En novembre je fêtais mon anniversaire. Je passais en revu les personnes qui avaient compté pour moi dans l’année et que j’avais envie de voir à ma fête. Malgré les accros envers certains, je décidais de décrocher mon téléphone et à les appeler. C’était l’occasion de pouvoir discuter avec Simone et Peter. La voix était heureuse et enjouée. Il n’y avait aucuns problèmes, je pouvais compter sur eux. Telles étaient les phrases qui résonnaient à l’autre bout du fil. Je sentais bien qu’il y avait encore anguille sous roche. Mais je ne voulais pas être mauvaise langue. Tout le monde à le droit à une deuxième chance.
Sur le vif