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Devant le miroir je laissais glisser la chemise cintrée que j'avais décidé de porter ce soir. Je n'avais qu'une envie, laisser crever l'image bien rangée et classieuse pour cette fois ci.
Juste un jean me collant de près aux fesses, ajusté par une ceinture à clous.
Un débardeur, noir collant à mes épaules. Rien de plus.
Les cheveux éclatés. La peau recouverte de lait laissant voler une délicate odeur d'homme et de fraîcheur. Le regard afuté et dragueur, je partais sur le terrain que nous connaissions si bien.
Vos regards n'étaient pas les mêmes, le mien ne vous fuyait pas cette fois ci.
Sous les lumières des projecteurs, assis, lèvres sans cesse collées à mon verre, j'ai laissé doucement couler mon coeur, là sous la glace coincé entre la paille et la vodka, je l'ai laissé
doucement mourir, crever jusqu'a ce qu'il s'étouffe. Sensation libératrice, émotion dans les talons, j'ai su à ce moment là que, mes lèvres allaient pouvoir quitter le verre que je tenais. La
provocation était en train de me gagner sans que je ne lutte contre elle. Je la laissais glisser jusqu'en bas de mes reins, la chaleur s'emparant peu à peu de mon corps. Bien vite je regagnais
les amis qui dansaient depuis bien longtemps sur la marelle du sexe... entourés de visages s'éclipsant dans les cliquetis des stroboscopes. Comme si j'avais quitté mon corps, mes bras se levaient
doucement au dessus de ma tête, mes épaules se frottaient langoureusement contre le dos d'inconnus. Simulant un duo torride, les regards étaient fixés, je vous sentais, envieux, là tout près de
moi, je répondais à vos sourire sans pudeur. Je comprenais très vite comment il allait falloir mener le jeu. De légers coups de reins, sur la droite, sur la gauche, laissant entrevoir le bas de
mon ventre, vous invitait à me rejoindre. Pendant que je te regardais, toi dont les yeux peu à peu se rapprochaient, je sentais le souffle chaud et excité d'une nouvelle proie. Vos bouches se
collaient de part et d'autres de ma nuque, mordillant timidement le lobe de mes oreilles. A la renverse, ma tête s'est posée contre les épaules de celui qui me bloquait, ses mains ont quittés la
cambrure de mes reins pour venir glisser sous mon débardeur. Le bout de ses doigts provoquaient une onde de choc, mes fesses se plaquant contre lui. La musique continuait d'exploser dans ma tête,
pendant qu'enfin j'accordais au premier de remonter jusqu'a mes lèvres. Baisers entrecoupés, langues troublées. Quatre mains, glissant sans interruption devant une foule timide ou envieuse.
L'acte ne faisait que commencer. Je me retournais tantôt vers l'un, tantôt vers l'autre. Leur corps était puissants et ne me laissait que peu de marge de manoeuvre. Cette pensée m'excitait
d'autant plus. Livré, possédé, à la merci de leurs mains, tout en sachant très bien, qui décidait..
Une main venait me chercher. Je glissais doucement en la suivant contre les corps qui devenaient insistants, me barrant volontairement le passage. Je lâchais alors la main, pour me perdre à
nouveau contre un couple d'hommes. Encore nos mains qui se frôlent.. nos lèvres qui se cherchent. L'instant est fusionnel, la main vient à nouveau me chercher. Elle me guide doucement. Je
reprends mes esprits quelque seconde. Puis me laisse à nouveau abuser. Leurs baisers ne sont que des caresses exquises. L'artiste peintre aux mains chaudes m'accorde un slow sensuel et câlin, le
duo se termine par un verre qui explose sur la marelle... Le jeu est terminé, les dés sont jetés. L'envie de liberté me revient. Je danserais toute la nuit, invitant pour de cours instants les
uns ou les autres, à venir poser leurs mains...
Avec cette sensation inoubliable d'avoir gardé le contrôle jusqu'a la fin.
Ce délicieux sentiment de les avoir dominé comme il se devait.
Sans honte, sans remords, sans regrets.
Sur le vif