Partager l'article ! Jardin d'enfants: J'ai eu le petit flip de Noël jute avant, l'envie de fuir au dernier moment. Contrairement aux autres ann ...
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J'ai eu le petit flip de Noël jute avant, l'envie de fuir au dernier moment. Contrairement aux autres années il fût très court, peut être grâce à Pocky, parce qu'avec elle, décembre a été comme
un mois d'été, fait de sorties, de fous rire et de divertissements quasi tous les soirs. Lundi soir j'ouvrais mes cadeaux, j'étais agréablement surpris, mon mec est visiblement à mon écoute, et
m'a offert tout ce dont je désirais. Un Ipod, un beau clavier d'ordi pour écrire à la lueur d'un joli rétro éclairage bleuté, un réveil sur lequel j'avais flashé, du parfum, et un disque dur
externe portatif pour sauvegarder tous mes petits secrets... ma maman m'a offert la cafetière Dolce Gusto, et enfin, certain matin je pourrais prendre un vrai chocolat chaud absolument
divin...
Mardi matin je prenais le train en direction d'Arles, ma ville natale. La ville que j'ai quitté il y a dix ans, un jour comme ça. J'étais très stressé dès le matin, et mon homme en a fait les
frais. Quel sale con je peux être le matin. Le train arrive, et bien vite les souvenirs reviennent en voyant mon collège, quelques bars... J'ai la gorge qui se serre. L'impression de jeter ce
regard sur le passé, l'impression de ne plus lui appartenir et ce soulagement presque, de me dire, qu'il appartient à une période définitivement révolue. Ma mère nous attend à la gare. Après
quelques minutes nous arrivons à la maison, traversons le village, j'ai des frissons dans tous le corps. C'est très difficile à expliquer, des souvenirs s'entrechoquent successivement, bons et
mauvais. J'ai envie de fondre en larmes. Il n'en sera rien. Le calme qui me pesait autrefois, me fait un bien extraordinaire, j'ai cette délicieuse impression de revenir aux sources, d'avoir ce
grand bol d'air frais qui me manquait tant. De me rendre compte, que je viens bien de quelque part, que c'est là que j'ai appris, que j'ai commencé à vivre... Une sensation si bête après
tout.
Ma grand mère arrive enfin. Elle marche avec une canne. Je remarque la bosse dans son dos. Sa fatigue. Ses rides. Je l'embrasse. Son odeur est toujours la même, ce parfum qui à bercé mon enfance.
Je pars à la cave chercher le champagne, je n'ai qu'une seule envie en réalité, me mettre à pleurer. Je ressens une tristesse profonde. Le choc certainement, celui de voir ma grand-mère...
autant changée. Je n'ai aucune excuse, je me sens égoïste d'aussi peu la voir. A ce moment précis je m'en veux énormément. Je retiens mes larmes, prends mon plus beau sourire et retourne à table.
Elle me fait rire. Elle a toujours des petites anecdotes à raconter, il lui arrive souvent des choses hors du commun. Je sais de qui je tire. Je suis heureux de voir mes tantes, mes cousines. Et
puis il y a toujours ce moment, ou l'on ressent l'absence... de ceux qui nous ont quittés. J'ai cru me mettre à pleurer une dizaine de fois. Ce fût un calvaire de me retenir. Je ne sais pas si
c'était de tristesse ou de joie, ce que je sais, c'est que j'ai eu beaucoup d'émotions intérieures. Quelque chose de grand. De fort. D'intense. Ma marraine m'a fait la surprise de passer me voir.
J'ai bien cru que j'allais m'évanouir. Tout à coup, ma petite enfance est revenue, là, en pleine figure. Je me revoyais rire, être si heureux avec eux. Ca m'a fait quelque chose vous ne pouvez
pas savoir. Je me suis rendu compte que le jour ou je suis partis, il y a dix ans, j'avais peut être moi aussi fermé une porte. Pendant 10 ans, j'ai fermé les yeux, c'était nécessaire pour
avancer, redonner une dimension à ma vie.
Ma grand-mère à sorti une photo de son sac. Cette photo que j'ai mise en illustration dans cet article. Debout dans l'entrée du jardin, chez elle. Je m'en rappelle comme si c'était hier. Je
portais ce pantalon en velours que je détestais tant. Je me rappelle de ce jardin ou j'ai fais les 400 coups. Cet endroit où j'ai été tant heureux... Ou mon père venait me chercher le soir... ou
je raccompagnais mon papi de cœur parfois... En me donnant cette photo, elle m'a fait le plus beau des cadeaux. Celui de me faire comprendre, qu'au fond de moi, il y aura toujours ce petit
garçon espiègle, qui rêvera toute sa vie. Malgré les apparences...
Sur le vif